LE RETRAIT DE L'ENFANT : mode original de rupture du contrat de travail



Publié par A de Saint Jacques
Type de document : Article juridique
Le 05/03/2010, vu 1708 fois, 3 commentaire(s)
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Présentation : La convention collective nationale de travail des assistants maternels du particulier-employeur prévoit un mode original et exclusif de rupture du contrat de travail à l'initiative du parent-employeur : le retrait de l'enfant. Le licenciement n'est pas un mode de rupture de ce lien contractuel de travail très particulier.

La relation de travail entre une assistante-maternelle et un parent-employeur est soumise  aux dispositions particulières de la convention collective nationale de travail des assistants du particulier-employeur.

Il résulte de l'article 18 de la convention collective, qui traite de la fin du contrat, que le licenciement n'est pas un mode de rupture du contrat de travail entre une assistante maternelle agréée et un particulier-employeur.

SEUL, le RETRAIT de l'enfant entraîne la rupture du contrat et constitue un mode original de rupture  à l'initiative du parent-employeur.

Il en résulte que les dispositions du code du travail sur le licenciement sont inapplicables à la relation de travail particulière entre une assistante maternelle et un particulier employeur.

Il n'y a donc aucune procédure à mettre en oeuvre.

La convention collective prévoit juste que le parent-employeur envoie une lettre recomndée avec avis de réception à l'assistante maternelle l'informant de la décision du retirer l'enfant à sa garde

Cette lettre doit préciser la date du retrait de l'enfant.

Contrairement à une lettre de licenciement, la lettre informant du retrait de l'enfant n'a pas à être motivée.

Par ailleurs, cette lettre n'est qu'une condition de forme du retrait de l'enfant et non pas une condition de fond rendant abusif le retrait de l'enfant qui aurait été mis en oeuvre sans envoi de cette lettre préalablement ou avant l'envoi tardif de cette lettre.

En tout état de cause, c'est bien le retrait effectif de l'enfant qui marquera la fin du contrat de travail.

Mon article a pour but d'alarmer sur la méconnaissance de ces dispositions spécifiques. Les parents-employeurs sont quasi-systématiquement assignés devant le Conseil de Prud'hommes sur le fondement du droit du licenciement alors que les dispositions du code du travail  en la matière sont inapplicables. 

L'attraction du code du travail et du droit de l'entreprise est si puissante qu'elle induit des  effets pervers tant pour les particuliers employeurs que pour les assistantes maternelles qui pourtant ont  grâce au texte conventionnel une meilleure protection.  Elle est si puissante que même la direction générale du travail a publié plusieurs circuliaires dans lesquelles les dispositions conventionnelles sont interprêtées de manière erronée.

D'autres problématiques sur l'application  de cette convention collective pourront être abordées, si les lecteurs de cet article le jugent pertinent.

 




 Posté par suji kenzo [Blogueur] le 20/03/2010 à 20:12
Personnellement ,je trouve cette convention absurde et je ne comprends pas comment on a pu admettre et signer un tel texte faisant des parents des employeurs.
Cette convention ne protège pas du tout les assistantes maternelles,ni les parents d'ailleurs.Il faut voir les remontées que l'on a un peu partout.Pourquoi n'avoir pas fait une convention nationale complette qui englobe les nounous ,les gardiennes d'enfant et les asistantes maternelles et qui fixe un réel statut pour tout le monde et des conditions d'exercice pour toutes celles qui se proposent de garder nos enfants avec la création d'un véritable diplôme au lieu d'agréements délivrés par les conseils généraux.
Suji Kenzo
 Posté par virtuelparametre [Visiteur] le 31/03/2010 à 11:51
même si le retrait de l'enfant est une mesure "simplifiée" d'une rupture de contrat celle ci ne doit pas être abusive, hors des retrait de l'enfant dés que le parent obtient une place en crèche sont légions.
certains employeurs n'hésitent pas non plus à ne plus recontacter l'assistant maternel le lendemain la laissant sans salaire ni attestation et nombreuses sont celles qui doivent faire une prise d'acte de la rupture.
pour ma part il faut faire attention à ne pas éloigner cette profession des autres pour conclure et en prenant l'exemple de l'indemnité de rupture qui est à l'étude par rapport à l'indemnité de licenciement pour cette profession. n'oublions pas que cette indemnité de rupture est une des rare à être versé en net.
preuve que la convention collective ne va pas toujours dans le sens du salarié loin de là.
 Posté par sabba [Membre Legavox] le 20/04/2010 à 21:00
Je viens de rompre le contrat avec mon assistante maternelle et elle menace de m'envoyer aux prud'hommes car je ne lui ai versé que les 1/120ème de prime de licenciement et pas les 1/5ème que préconise le droit du travail. La FEPEM m'a bien confirmé que légalement nous étions dans nos droits et un conseiller juridique aussi mais la DGT et les syndicats lui disent qu'elle a raison de réclamer plus. Que faire? Merci d'avance.
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