Faillite de la sociologie en copro : propagande subventionnée, y-a-P(L)UCA !

Publié le 02/04/2022 Vu 378 fois 0
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Le rapport sénatorial du 16 mars 2022 sur les cabinets de conseil révèle des pratiques expliquant pourquoi les sciences humaines sont en crise en copropriété, notamment à cause du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture)

Le rapport sénatorial du 16 mars 2022 sur les cabinets de conseil révèle des pratiques expliquant pourquoi

Faillite de la sociologie en copro : propagande subventionnée, y-a-P(L)UCA !

Un rapport instructif

Sous la présidence d'Arnaud BAZIN (Les Républicains) et avec pour rapporteure Eliane ASSASSI (PCF), une commission d'enquête sénatoriale a déposé un rapport le 16 mars 2022 intitulé : « Un phénomène tentaculaire : l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques »

Lien vers le rapport sénatorial

Les très intéressantes propositions de ce rapport doivent être lues en matière de transparence, de prévention des conflits d'intérêts, et de préservation des données personnelles.

Les sénateurs ont également été agacés par certaines réponses de personnes interrogées qui n'auraient peut-être pas dit la vérité. La Justice tranchera...

En attendant, ce rapport constate des pratiques dont l'effet délétère est également visible en copropriété.

Bavardages "citoyens"

Le rapport note, en particulier, une véritable industrie de la consultation citoyenne (pp. 119 à 126), avec de grands groupes faisant appel à des sous-traitants.

Les mêmes méthodes sont décrites dans tous les secteurs (réforme des retraites, environnement, gilets jaunes, réforme de la Justice).

Elles reposent sur des avis par post-it, des déambulations et, au final, un détournement de la position réelle des participants pour leur faire ignorer les points concrets sur lesquels ils pourraient s'exprimer de manière sérieuse et intéressante.

Ces agissements impliquent un manque de respect à l'égard des citoyens dont on dénie la capacité à relever des faits techniquement pertinents.

La Gloire des autodidactes

Ainsi, en copropriété, les citoyens sont parfaitement capables de comprendre ce qu'est une clause abusive (comme lorsqu'un syndic célèbre veut se faire payer hors forfait pour une prestation comprise dans le forfait).

Cass. 3e civ., 28 janv. 2021, n° 19-22.446

Les citoyens dont l'intervention est légitime sur le débat public en copropriété sont ceux qui font cet effort de repérage des arrêts stigmatisant les mauvaises pratiques. Ce n'est pas compliqué. Nul besoin d'avoir des diplômes. Il suffit de savoir aller sur Légifrance. Ne soyons cependant pas populistes. Des universitaires et des enseignants du supérieur font ce travail aussi (comme Florence BAYARD-JAMMES, sommaires commentés sur "Les charges", Informations Rapides de la Copropriété, n° 676, mars 2022, pp. 29 à 31, par exemple).

Les consultants et intervenants publics tenants du "participatif", du "délibératif" et du "collaboratif" , par contre, ne parlent jamais des arrêts, pourtant lisibles en ligne, mais qui gênent les réseaux malsains. Ces consultants et intervenants ne sont donc pas légitimes pour polluer le débat public avec de l’idéologie mal étayée, et surtout pas à coups de millions payés par le gouvernement...

Tromperies condamnées

Les consultants et autres startupeurs sont aussi ceux qui ont menti sur ce qu'est, par exemple, un syndic coopératif. Ils ont prétendu, de manière trompeuse, qu'un prestataire qui n'est là que pour assister les syndics non professionnel peut se substituer à un syndic professionnel.

Jugement du 24 janvier 2022 rendu par le Tribunal de Commerce de Paris

Le dirigeant de l'entreprise M, visée par ce jugement, est un diplômé d'une grande école de commerce.

On note que l'entreprise M, condamnée lors du jugement précité, a été soutenue par une ministre (énarque, diplômée d'une grande école de commerce), qui a prétendu que cette entreprise "gérait" des copropriétés (alors que seul le syndic "gère" l'immeuble en copropriété, et seul le gestionnaire locatif "gère" des lots de copropriétés, et que cette entreprise M ne dispose pas d'une carte professionnelle de syndic ou de gestionnaire locatif).

Vidéo où Mme W évoque 3000 copropriétés gérées par l'entreprise M (50e seconde de la vidéo)

Ces propos, au plan juridique, sont d'une nullité crasse.

Ceci n'est pas une attaque contre un camp politique particulier. Des élus comme Jean-Yves LAGLEIZE ou Mickaël NOGAL n'auraient d'ailleurs peut-être pas tenu de tels propos...

Curieuse ignorance

On note aussi que l'entreprise M, malgré ses pratiques contestées, est la partenaire du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture), une officine interministérielle dont la coordinatrice, pour le programme concerné, est une polytechnicienne docteure en sciences politiques.

L'entreprise M a été membre du jury pour distribuer 600.000 €, notamment pour faire une recherche sur les syndics non professionnels.

Communiqué de presse du PUCA du 04 nov. 2021

Au vu de ce qu'a indiqué le Tribunal de Commerce, ça va être chouette... C'est comme demander à une personne portée sur la boisson de participer à un jury pour juger de recherches contre l'alcoolisme ! On rappelle également les regrets exprimés dans le rapport sénatorial précité sur les conflits d'intérêts. La Cour des comptes tranchera...

Parmi les lauréats retenus, on note même la présence d’une officine subventionnée qui avait confondu, dans un ouvrage, le statut de la copropriété et celui de la SCIA (confusion qui avait été signalée sur ce blog, lien)...

Sinon, depuis plusieurs années, le PUCA publie, à coups de deniers publics, des rapports d'une utilité très douteuse sur la copropriété (qui est, on le rappelle, un statut juridique, selon la loi du 10 juillet 1965) en refusant systématiquement de faire l'analyse de la jurisprudence, notamment celle qui concerne leur partenaire, l'entreprise M, comme par hasard...

Cela permet, ensuite, d'éviter les questions sociologiques qui fâchent, notamment sur la disruption, qui intéresse aussi les sciences humaines.

PUCA : Copropriété, panorama des recherches en sciences sociales

Une "élite" autoproclamée de consultants et d'intervenants administratifs est donc habituée au refus de l'analyse rigoureuse des faits.

Étrange oubli

Or, les "sciences humaines" ne permettent pas tout ! On peut faire une histoire e une sociologie de la médecine durant la pandémie du COVID 19, mais si on ignore tout de l'immunologie, cela risque d'être un peu particulier. En copropriété, c'est pareil ! Ceux qui ignorent la jurisprudence sur les mauvaises pratiques, ainsi que le passé des groupes étudiés par des chercheurs reconnus, parlent dans le vide, même pour faire de l'histoire ou de la sociologie.

On constate, d'ailleurs, un curieux silence du PUCA sur l'excellent ouvrage relatif à un ensemble immobilier placé en copropriété à Angers, livre signé par Marie-Hélène BACQUÉ et Stéphanie VERMEERSCH (Changer la vie, les classes moyennes et l'héritage de mai 68, Éditions de l'Atelier, 2007, 175 p.). Ce livre évoque le rôle croissant des prestataires qui remplacent les dynamiques collectives, ce qui constituait un avertissement intéressant face aux pratiques de l'entreprise M.

Marie-Hélène BACQUÉ a été directrice de mémoire ou membre du jury de thèse pour plusieurs intervenants du PUCA, qui ont donc la mémoire courte, à moins que les copinages de classe, voire de caste, prévalent sur la capacité à mener une réflexion étayée...

Toute une génération a pris l'habitude de jeter dans l'ombre d'excellents chercheurs. Que chacun s'en souvienne. Ceux qui méprisent leurs prédécesseurs ne respectent pas non plus leurs concitoyens.

On est très étonné par le fait que l'ANGC (qui a gagné le procès contre l'entreprise M), l'UNARC (qui a stigmatisé à de nombreuses reprises les abus de l'entreprise M) et QualiSR, dont le secrétaire général a souligné les errements communicationnels de l'entreprise M, acceptent de travailler avec le PUCA dont on peut craindre qu'il ne prenne ces acteurs pour des cautions utiles pour diffuser une idéologie contestée.

Charles VII avait raison !

Tout cela nous rappelle ce qui disait le roi Charles VII du Duc de Bourgogne Philippe le Bon quand ce dernier a accueilli en 1456 le dauphin de l'époque (le futur Louis XI, alors en révolte contre son père Charles VII).

"Il a reçu chez lui un renard qui mangera ses poules".

En 1477, Louis XI s'est emparé de la Bourgogne.

ANGC, CLCV, UNARC, QualiSR, EDILAIX, DALLOZ et autres acteurs sérieux qui acceptez de diffuser la propagande du PUCA (et donc celle de l'entreprise M), vous voilà prévenus !

On note, en particulier, l'incapacité de cette prétendue élite PUCA-Entreprise M à réfléchir sur la complexité du droit et sur la nécessité de le simplifier pour le rendre lisible et accessible.

Ce refus de lister sérieusement les règles applicables constitue un angle mort qui finit par affecter de manière négative la qualité du débat public sur le droit.

Attention au discrédit !

Ainsi, les candidats aux présidentielles se bornent à faire des déclamations totalement creuses dès qu'on les interroge sur le chaos normatif actuel (Didier MARTIN, Cédric GROULIER, "Changer de culture normative. Regards croisés sur les réponses des candidats à l'élection présidentielle", Semaine Juridique, Edition générale, 28 mars 2022, n° 12, pp. 633 à 643).

Juristes sérieux qui laissez la qualité du droit s'effondrer en donnant le monopole de la parole au PUCA et à l'entreprise M, ne vous étonnez pas des conséquences pour vous !

Le PUCA, l'entreprise M et leurs alliés (notamment les grandes entreprises et fondations étrangères qui dominent internet), pratiquent la censure idéologique (y compris contre des chercheurs qu'ils devraient respecter).

Avouons-le. Les propos du PUCA et de l'entreprise M ne relèvent pas des sciences humaines (puisque ces acteurs refusent d'analyser les normes et la jurisprudence) mais de la propagande en faveur du libéralisme de disruption.

Ne diffusons-plus de tels discours en dehors du cadre politique, et ne parlons plus de sciences humaines au sujet de telles argumentations idéologiques !

Quant à l'État, il serait bien avisé de ne plus verser un centime au PUCA (surtout si c'est pour subventionner de la propagande contraire à l'avis d'une grande majorité des citoyens).

NB : Toute nouvelle tentative d'intimidation contre le présent blog sera signalée à la Cour des comptes.

 

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