Le stationnement en copropriété

Article juridique publié le 16/01/2018 à 07:30, vu 582 fois, 0 commentaire(s), Auteur : LA CHASCUNIERE
Les places de stationnement et parking en copropriété peuvent être privatives ou communes. Ces emplacements destinés à garer les véhicules peuvent se présenter sous la forme d’une place délimitée ou d'un box, situés en sous-sol ou en surface. Quelle que soit la situation, il existe des règlements spécifiques à respecter impérativement. Ce droit emporte interdiction d’un usage abusif et de la transformation de l’espace dédié sauf cas d’urgence fixé par le règlement de copropriété.

Le règlement de copropriété fixe les conditions de stationnement conformément à l’art 9 de la loi de 1965 : « Chaque copropriétaire dispose de parties privatives comprises sans son lot, il use et jouit librement des parties privatives et des parties communes sous la condition de ne porter atteinte ni aux droits des autres copropriétaires ni à la destination de l’immeuble ».

Ce domaine est aussi régi par le code de la route, le code de l’urbanisme et le PLU. L’exercice du droit au stationnement dans la copropriété est aussi contingenté par plusieurs facteurs, à savoir, le nombre de places suffisant, la configuration des lieux limitant les manœuvres et l’attribution préférentielle.

I - Réglementation et différentes configurations

Le stationnement de véhicule est une zone dédiée à cet usage, il est donc interdit d’utiliser les cours communes et autres espaces communs pour stationner. (Cass civ 3 ème chb du 5 avril 1968). Le droit de stationnement porte sur tout véhicule sauf restriction du règlement de copropriété et taille de l’espace, sont ainsi concernés : les voitures, les campings, car, les camionnettes, les camions, les bus, les motos, les vélos, en fonction de la taille des emplacements.

En revanche, le règlement peut interdire, le stationnement de camions, de caravanes etc. et rendre ce dernier illicite en application du règlement de copropriété mais aussi du code de la route dans certaines conditions.Le stationnement illicite est dans ce cas une infraction et peut entraîner la mise en fourrière en application des art l.325-12 et R.325-47 et suivant du code de la route.

La norme NF 91-120 s’applique à tout parking qu’il soit en sous-sol, en surface ou en hauteur. Les délimitations sont fixées par décret et doivent répondre aux prescriptions suivantes :

- délimitation des places 90° en bataille min 5 m long et 2.3 de large,

- délimitation en épi : 75° de 10 m de long et 2.25 m de large, 60° de 5.15 m de long et 2.25 m de large, 45° 4.80 m de long et 2.20 m de large,

- délimitation en créneau en longueur sans obstacle : 5 m de long et 2.30 m de large.

D’autres limitations sont intervenues depuis la loi Boutin, notamment, le décret concernant les prises électriques et le décret d’accessibilité des personnes handicapées.

II. La loi Boutin de 2009

Les copropriétés sont divisées en lots d’habitation comprenant des caves et des garages ou emplacements. Dans certains cas, les emplacements de parkings ou boxes sont allotis. Dans le cas d’un lot commun : appartement, cave et lot, la situation en cas de vente ne modifie pas les modalités de gestion. En revanche, lorsque les parkings disposent d’un n° de lot, le copropriétaire peut vendre séparément l’emplacement et l’appartement ou le commerce.

Lorsque le règlement de copropriété ne comporte aucune interdiction en ce sens, chacun peut alors librement vendre un de ses lots à la personne de son choix, y compris si elle est extérieure à la résidence. En pratique, ces ventes séparées augmentent le nombre de copropriétaires ce qui complique la gestion du syndicat.

Par ailleurs, les copropriétaires ont augmenté le nombre de véhicules par foyer ces dix dernières années. Les copropriétés sont donc confrontées :

- d’une part, une difficulté matérielle d’augmenter le nombre d’emplacements privatifs ou communs, sauf modification de disposition ( en épi par exemple);

- d’autre part, du fait de la réglementation d’accessibilité, il est prévu de réaffecter certaines places aux personnes handicapées, ce qui réduit les places disponibles;

- enfin, l’évolution du niveau de vie et des habitudes augmente le nombre de véhicules par foyer et conduit à une pression de la demande.

La loi de mobilisation sur le logement et la lutte contre l’exclusion du 25 mars 2009 a créé la possibilité pour un syndicat d’instaurer une priorité de vente d’un emplacement de stationnement aux autres copropriétaires de la même résidence. Cette priorité n’est pas obligatoire mais si le syndicat décide de la mettre en pratique, il conviendra de respecter les conditions de prescription suivantes

:- l’existence d’un PLU en milieu urbain exigeant des places de parking,

- la difficulté de stationnement dans le quartier,

- l’allotissement de l’emplacement,

- une vente séparée du lot principal (habitation, commerce, bureau).

Si les conditions sont remplies, il est alors possible au syndicat de procéder à la modification du règlement à l’unanimité lors d’une assemblée générale. Les modalités d’application de cette priorité sont fixées par la loi Boutin à savoir :

- information par le syndic de la mise en vente du lot par courrier recommandé,

- communication à tous les copropriétaires,

- les copropriétaires intéressés doivent se manifester dans les 2 mois auprès du syndic par courrier recommandé.

III. Le droit à la prise électrique de 2014

Le droit à la prise est instauré depuis le 12 juillet 2010 par la loi Grenelle II et l’article L.111 du code de la construction et de l’habitation.Son décret d’application du 1er novembre 2014 fixe trois conditions :

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