1914/2014. Mémoire et droits hier et aujourd'hui

Publié le Modifié le 08/10/2014 Par arac35 Vu 1 031 fois 0

Après cette guerre, le droit à réparation pour les anciens combattants et victimes s'imposera.

1914/2014. Mémoire et droits hier et aujourd'hui

« Août 1914. Début d’une guerre mondiale »

« Une guerre qui devint mondiale : causes, conséquences hier et aujourd’hui » 

Organisé par l’ARAC 35, en partenariat avec la Maison Internationale de Rennes, dans le cadre des actions de « Tout Rennes cultive la Paix » et avec le soutien de plusieurs associations locales, l'exposition et le débat en septembre 2014 a voulu dépasser l'imagerie pour s'interroger aujourd'hui.

Pourquoi reparler du passé alors que tant de problèmes et de questions se posent aujourd’hui ? A notre avis, comprendre le passé peut nous aider à mieux regarder le présent et mieux envisager le futur, y compris en matière de droits.

Lors de notre intervention pour le vernissage de l’Exposition sur la Première Guerre mondiale, nous le rappelions. Du 2 au 18 août 1914, la mobilisation se déroula à peu près simultanément en Allemagne comme en France. Les forces du Reich Allemand passaient de 840 000 militaires à 3 750 000 ; en France, selon le Ministère des Armées, 3 580 000 hommes se retrouvèrent sous les drapeaux. Ce qui indique une fois de plus que ces mobilisations massives (la première en France) avaient été  programmées au préalable, de part et d’autre.

Au cours de cette guerre qui ne fut pas seulement européenne mais mondiale on peut estimer aujourd’hui les décès militaires à 10 millions et les blessés à 20 millions. Chez les civils, les chiffres avancés sont discutés, mais certainement on peut les évaluer à plusieurs millions.

Dans ces premiers mois sanglants de batailles, les régiments d’infanterie partirent au combat sans protection, parfois en ligne, officiers en tête comme dans les guerres napoléoniennes, mais sous les déluges de feu et d’acier des mitrailleuses et canons d’une guerre industrielle. Pour ce qui concerne les troupes françaises, le Général PERCIN relèvera dans ses ouvrages en 1919 que 8 410 000 hommes furent mobilisés dans nos troupes françaises. Parmi eux, il chiffrera alors  1 383 000 décès militaires et 3 562 470 blessures de guerre (certains étant blessés plusieurs fois). Ces chiffres furent malheureusement corrigés  à la hausse.

Plus d’un français actif  sur 10 disparaitra, c’est donc toute une génération de nos grands-parents qui sera décimée. Dans le 10e corps d’armée de Rennes qui regroupait des régiments principalement d’infanterie de l’Ille et Vilaine des Côtes-du -Nord et de la Manche, il a été noté 62 100 morts ou disparus sur 318 000 mobilisés, soit près d’un combattant sur cinq.

Le droit à réparation

L’A.R.A.C. qui se créa en 1917, au cœur de cette tragédie mondiale, ne peut aujourd’hui encore passer sous silence, les causes de cette guerre et les façons dont elle fut conduite. Mais, pour ce qui concerne notre sujet, les associations d’anciens combattants et tout spécialement la nôtre, exigèrent dès la fin de la Guerre que la situation des veuves, des orphelins… des blessés (par exemple, les « gueules cassées ») soit prise en compte.

On vit alors une évolution très nette en 1919. La prise en compte de ces situations dépassait une forme de compassion charitable ; certes celle-ci conservait son importance, mais l’exigence  d’un droit à réparation commença à entrer dans les textes du droit français. Et, la volonté d’un même droit pour tous, on se rappelle de la formule que revendiquaient nos aînés : « La jambe d’un simple soldat vaut celle d’un général ! ».

Aujourd’hui, le Droit à réparation des combattants et victimes de guerre ne se présente pas heureusement avec la même ampleur.  Il n’empêche qu’il doit demeurer, prendre en compte les nouvelles formes de conflits et la situation des militaires engagés et de leurs ayant -droit.

Nos associations, les ONACVG peuvent et doivent conseiller. Cependant, comme pour d’autres secteurs du droit le recours près d’un avocat s’avèrera parfois indispensable. Ceci invite à regarder plus attentivement les situations nouvelles.

Pour ce qui nous concerne, l’action sur les conséquences, nous rend encore plus exigeants afin que nos sociétés s’attaquent aux causes profondes des conflits pour les éviter.

Georges Ploteau

Président par intérim ARAC 35

Membre du Bureau national.

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