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Le cas "FIFA" et la corruption dans le sport

Article juridique publié le 15/03/2017 à 22:27, vu 739 fois, 0 commentaire(s), Auteur : Martinho Neves Miranda
La structuration des fédérations sportives sont propices à la pratique des actes de corruption

Un scandale des dimensions d’un monstre. Et cette fois sans mythologie, folklore ou légendes. Les accusations portées par le FBI contre plusieurs dirigeants de la FIFA, ont donné les couleurs d’un régime terrifiant de corruption.

Mais peu sont conscients du fait que, aussi important que punir, c’est de travailler pour que cela ne se reproduise pas.

Et pour ça il faut déterminer les conditions qui ont conduit à l’éclatement de ce régime dénoncé par le FBI et qui a étonné la communauté internationale.

Le naturaliste français Jean-Baptiste Lamarck, a été le premier à proposer, au début du XIXe siècle, une théorie de l’évolution biologique.

Il a dit que l’environnement provoque des êtres vivants à façonner leur propre corps pour s’adapter à cette réalité. Ainsi, par exemple, le cou de la girafe avait augmenté par la nécessité d’atteindre les hautes branches des arbres; la chauve-souris avait ses yeux atrophiés à cause de l’absence d’exposition au soleil, etc.

Si sa théorie n’a pas expliqué complètement le phénomène de l’évolution, elle sert bien à comprendre le scandale de la FIFA, parce que l’environnement dans lequel les institutions sportives se situent crée le «habitat» favorable aux délits, à commencer par la manière de la gestion et du contrôle de ces entités.

En fait, gerés comme des associations sans but lucratifs, elles agissent sans les contrôles internes et gouvernementales propes aux sociétés commerciales.

Mais le scandale de la FIFA a révelé toute la distance entre ces entités et le but non lucratif. Puisque la contribution de leurs membres ne suffit pas à assurer leur survivance, elles opèrent dans le monde des affaires et aliènnent les droits deEn effet, les fédérations sportives internationales se sont accordé des pouvoirs exclusifs d’organisation et réglementation du sport qu’elles représentent au niveau mondial.

Elles ont un seul interlocuteur par continent et un seul interlocuteur par pays et ils détiennent des droits exclusifs d’organisation du sport dans ces zones géographiques.

Autrement dit, le sport fonctionne sous le régime de monopole aussi bien au niveau national qu’au niveau international.

L’ambiance est donc favorable à ce qui est arrivé: sans surveillance et avec un immense pouvoir de monopole, les hauts dirigeants, selon le FBI, ont été impliqués dans des fraudes concernant l’octroi de droits dont le propriétaire unique est la FIFA ou de ses filiales.

Si les charges de FBI sont confirmées on sera donc devant un sujet qui n’a rien à voir avec le sport: une violation de la loi antitrust, avec le mépris du principe de la libre concurrence.

Et ce scandale porte un coup fatal à l’ancien argument selon lequel ces entités ne devraient pas être vérifiés par l’Etat du fait ’’d’être autonomes et d’être le sport une affaire éminemment privée.«

Une objection tout à fait dépassée, car il ne s’agit pas du tout sur le sport et en plus ceux qui agissent sous le monopole doivent être soumis au contrôle du gouvernement afin d’empêcher les entités monopolistiques d’abuser de leur «position dominante».

Et ce n’est pas par hasard que les enquêtes ont été menées par les Etats-Unis, car il est précisément dans ce pays que les premières règles antitrust ont surgi, avec la loi « Sherman » de 1890, qui a inspiré le monde entier à créer des lois qui préservent la libre concurrence et empêchent la réalisation des fraude sur les marchés.

En outre, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas d’intérêt public lorsque les chiffres astronomiques sont impliquées, parce que là où il y a beaucoup d’argent le risque de délits financièrs augmente.

Ainsi, cet épisode ne peut pas servir seulement à faire que les coupables soient punis. Il est nécessaire de créer des règles et mécanismes de contrôle aussi bien au niveau international que dans les domaines du droit interne de chaque pays.

Car, comme le dit Lamarck, “si les organismes progressent selon l’environnement» et si rien ne se fait préventivement, de nouveaux systèmes continueront à créer des Draculas ou des Franksteins de la corruption, plutôt que des simples chauves-souris ou des girafes …


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