Le détroit de Kertch et l’accès à la mer d’Azov par la Crimée

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Véritable pivot géo-stratégique entre l’occident et le moyen-orient, le détroit de Kertch est au centre des préoccupations à la suite de tensions ravivées entre l’Ukraine et la Russie.

Le détroit de Kertch et l’accès à la mer d’Azov par la Crimée

Kertch est la porte d’accès des Russes aux territoires de la Crimée (annexée suite au référendum sur la réunification du 17 mars 2014). En mer, c’est un détroit qui relie la Mer d’Azov (les Etats dont les côtes bordent cette mer sont aussi l’Ukraine et la Russie) à la Mer Noire.

A priori l’enjeu resterait donc bi-latéral, excepté que d’un côté la Mer Noire constitue elle-même un accès à la Mer Méditerranée et que la Mer d’Azov se trouve reliée à la Mer Caspienne par le canal de Volga-Don.

 

Dernièrement, ce sont deux navire Ukrainiens qui ont forcé le passage, le 28 novembre 2018 au détroit de Kertch, refusant ainsi le statu quo instauré depuis l’annexion de la Crimée, mais qui ont été arraisonnés par la marine Russe après que celle-ci eut ouvert le feu.

 

Selon le Directeur-adjoint de l’Observatoire Franco-Russe Igor Delanoë, le renforcement militaire Russe dans cette zone participe à un “déni d’accès” qui inquiète les états-majors occidentaux. (issu d’un article titré “La Russie s’affirme en mer Noire” paru dans Le Monde Diplomatique, Janvier 2019).

 

Il s’agit de comprendre que le détroit des Dardanelles et du Bosphore séparant la Mer Noire de la méditerrannée se trouve quant à lui régi par un traité international nommé la “Convention de Montreux” signé en 1936, par lequel les Turques se réservent le droit de suspendre l’accès aux flottes militaires des Etats non-riverains. Précisément, ladite Convention instaure un tonnage maximum de navires de guerre étrangers présents en Mer Noire.

 

La puissance navale des occidentaux y est de ce fait limitée et les Russes mettent cet avantage à profit afin de vérouiller cette zone stratégique.

 

L’appui militaire occidental en Mer Noire, outre celui provenant de la méditerranéée n’est pourtant pas tout à fait exclu car les Etats-côtiers sont l’Ukraine, la Moldavie, la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie. Néanmoins l’OTAN refuse l’adhésion briguée par l’Ukraine et l’adhésion de la Roumanie et la Bulgarie en 2004 n’a eu que peu d’effets au vu de leurs flottes respectives. Enfin, la Turquie veille à ne pas s’immiscer dans les affaires de l’OTAN lorsque l’organisation transatlantique fait face aux Russes, pour ne pas raviver l’esprit de la guerre froide.

 

Où en est la stratégie de défense européenne ? Encore à ses premiers balbutiements ...

 

Et là, on poureait céder à la tentation de rejoindre le Président Trump sur le point de la défaillance des Organisations Internationales dans les réponses qu’elles apportent aux conflits actuels. Mais d’ailleurs, où se postionne t-il le fameux “gendarme du monde” au sein de cette problématique ? Il propose allègrement la fourniture aux Ukrainiens de l’équilavent de dix millions de dollars de vaisseaux patrouilleurs livrés désarmés et dépourvus de tableaux de bords électroniques ...

 

On ne saurait toutefois entériner ce “laissez-faire” au prix de laisser sombrer l’Ukraine et petit-à-petit avec elle, la paix.

 

 

 

 

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