A. Boyard "De l'avocation à l'avocature" entre pertinence et impertinence

Publié le Modifié le 24/06/2017 Par Mikaël Benillouche Vu 1 320 fois 0

Souvent, trop souvent, les suites ne sont pas réussies lorsque le premier opus l'a été. "De l'avocation à l'avocature" constitue une exception à ce constat. On y retrouve avec plaisir Léa Dumas qui franchit la trentaine et est confrontée à des choix cruciaux...

A. Boyard

Cette fois, c'est grâce aux joies des transports en commun durant quelques jours caniculaires que j'ai pu renouer avec Léa Dumas.

Dans la lignée de "l'avocation", Aurore Boyard dépeint les nouvelles aventures de Léa Dumas et là, force est de constater que la vie d'avocate n'est pas un long fleuve tranquille....

L'ouvrage tient en haleine le lecteur de la première à la dernière ligne et plonge également Léa au coeur de la réalité, qu'il s'agisse de l'affaire Sarkozy ou encore des rencontres et notamment celle avec Maître Mô célèbre avocat lillois qui intervient sous ce pseudonyme sur les réseaux sociaux. Léa connaît également une romance et doit faire face à des choix cruciaux à l'approche de la trentaine.

Le roman traite également des difficultés de concilier vie professionnelle et vie personnelle ainsi que de l'impossibilité de créer un mur étanche entre les deux. Ainsi, nombre de praticiens du droit rencontrent leur(s) compagnon(s) sur leur lieu de travail et de solides relations d'amitié peuvent se nouer au Palais.

Comment dès lors respecter le secret professionnel ? Non, cette question est particulièrement mal posée, c'est plutôt comment, d'une part, offrir l'apparence de respecter le secret professionnel et, d'autre part, démontrer qu'il n'existe pas un risque de conflit d'intérêts en raison de sa vie personnelle ? En effet, si l'avocat participe à diverses activités sociales (sport, dîner, loisirs, ...), il est conduit à rencontrer ses clients, des confrères et des magistrats. Comment faire en sorte de ne pas donner l'impression que ces relations sociales puissent influencer les rapports professionnels ? Le roman pose cette question délicate.

Il relate également, de façon haletante, un procès d'assises...

On y voit également comment il est possible pour certains d'utiliser leur pouvoir afin de nuire à autrui à des fins plus personnelles.

A ce titre, le roman lève le voile sur certaines pratiques qui ne sont pas propres au barreau, mais sont assez universelles : les "petits chefs" et leur médiocrité qui font de grands sourires en apparence et cherchent hypocritement à parvenir à leurs fins et à se débarrasser de ceux qui, désormais, leur déplaisent. A ce titre, une réflexion s'impose, dans le monde professionnel, les personnalités iconoclastes sont rarement bien vues. Il faut "rentrer dans le moule" pour faire carrière. Est-ce le choix de Léa ?

L'ouvrage regorgent également de scènes cocasses, de tranches de vie montrant à quel point Léa est partie prenante dans la société qui l'entoure. Sa vie ne se résume heureusement pas à son statut d'avocat.

Dans cet opus, [SPOILER ALERT] Léa découvre ainsi l'ambiance du Stade Mayol et assiste à une rencontre de l'équipe de rugby de Toulon. Quel dommage, que je ne l'ai pas rencontrée il y a quelques années, je l'aurai accompagné voir une rencontre du PSG au Parc des Princes, à la grande époque du club (en attendant une nouvelle ?), celle des PSG - Real Madrid, celle de la victoire en coupe des coupes, celle des Raï, Valdo, Ginola...

Une seule question, Aurore, à quand le 3è numéro, car le roman se termine par un nouveau départ...?

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