La prise de position de la CJUE en faveur de l’emprunteur dans le cadre d’un prêt en devise

Publié le 01/03/2018 Vu 2 310 fois 4
Légavox

9 rue Léopold Sédar Senghor

14460 Colombelles

02.61.53.08.01

La Cour de Justice de l’Union européenne le 20 septembre 2017 a rendu une décision extrêmement favorable aux emprunteurs en jugeant que certaines clauses de prêt en devise peuvent être abusives et donc réputée non écrites.

La Cour de Justice de l’Union européenne le 20 septembre 2017 a rendu une décision extrêmement favorable

La prise de position de la CJUE en faveur de l’emprunteur dans le cadre d’un prêt en devise

La Cour de Justice de l’Union européenne le 20 septembre 2017 a rendu une décision extrêmement favorable aux emprunteurs en jugeant que certaines clauses de prêt en devise peuvent être abusives et donc réputée non écrites.

La CJUE énonce plusieurs précisions :

  • Concernant la rédaction de la clause : la clause doit être rédigée de manière claire et compréhensible pour les emprunteurs dans la mesure où ils se trouvent dans une situation d’infériorité face au professionnel. Il faut qu’elle « soit comprise par le consommateur à la fois sur le plan formel et grammatical, mais également quant à sa portée concrète, en ce sens qu’un consommateur moyen, normalement informé et raisonnablement attentif et avisé, puisse non seulement connaître la possibilité de hausse ou de dépréciation de la devise étrangère dans laquelle le prêt a été contracté, mais aussi évaluer les conséquences économiques, potentiellement significatives, d’une telle clause sur ses obligations financières. Il appartient à la juridiction nationale de procéder aux vérifications nécessaires à cet égard ».

  • Concernant l’obligation d’information des banques : la banque est tenue d’une obligation d’information complète et adaptée à l’égard de l’emprunteur. « Les établissements financiers doivent fournir aux emprunteurs des informations suffisantes pour permettre à ceux-ci de prendre leurs décisions avec prudence et en toute connaissance de cause, celles-ci devant au moins traiter de l’incidence sur les remboursements d’une dépréciation importante de la monnaie ayant cours légal dans l’État membre où l’emprunteur est domicilié et d’une hausse du taux d’intérêt étranger ». La banque doit informer sur les risques inhérents à la souscription d’un emprunt en devise étrangère. Le consommateur « moyen, normalement informé et raisonnablement attentif et avisé » doit pouvoir comprendre les risques liés à la dévaluation de la monnaie et évaluer leurs conséquences économiques.

  • Concernant l’appréciation du caractère abusif : l’appréciation du caractère abusif se fait au moment de la conclusion du contrat en tenant compte des circonstances dont le professionnel pouvait avoir connaissance. La position de supériorité du professionnel créée un déséquilibre significatif à l’égard du consommateur dans la mesure où en cas de dévaluation de la monnaie nationale, « le risque de change pèse sur le consommateur ».
Vous avez une question ?

Posez gratuitement toutes vos questions sur notre forum juridique. Nos bénévoles vous répondent directement en ligne.

1 Publié par Visiteur
20/05/2018 01:25

Mon petit frère qui travaillait en Suisse a souscrit ce type d'emprunt pour acheter sa maison en franc suisse , actuellement après 10 de remboursement , il se trouve à devoir encore plus que ce qu'il avait emprunté. Sa situation financière et familiale est une véritable catastrophe ,avec leurs 4 enfants , leur vie est très précaire. Je ne sais pas comment leur venir en aide , je ne comprends pas grand chose à cet emprunt. Leur banque ne leur apporte aucune aide concrète. Que pourrait on faire ?

2 Publié par Visiteur
09/06/2018 20:02

Même chose pour ma compagne , un prêt pour un investissement immobilier contracté en franc suisse ,vrai arnaque ! Avez vous des Rémi ses svp ?

3 Publié par ASRAVOCATS
13/06/2018 17:08

Bonjour,
Je vous invite à prendre contact avec mon cabinet afin que je puisse vous exposer les solutions et recours possibles.
Bien Cordialement

ANNE-SOPHIE RAMOND
Avocat à la Cour
Email: asr@asr-avocats.com

_____________________________

ASR AVOCATS

2 avenue Hoche - 75008 Paris
Port : 06.18.15.32.09
Tel: 01.75.42.60.87
Fax: 01.56.79.11.12
http://www.asr-avocats.com/

4 Publié par jay04
11/02/2020 18:18

Bonjour
Je viens de recevoir le jugement du tribunal de grande instance de Besançon suite à mon affaire de prêt toxique du credit agricole de Franche Comté .
Je suis deboutée de tous droits et condamnée à payer les dépens .
Nous avions contraté un prêt en francs suisses pour acheter notre maison et comme nous avions un autre bien que nous avons vendu pour solder celui ci lors de la retraite de mon mari quelle ne fut pas notre surprise de constater que nous devions rembourser plus que ce que nous avions emprunter .
Nous avons donc consulte un avocat nous sommes passé au tribunal d'instance puis au tribunal de grande instance et aujourd'hui nous avons perdu .Notre avocat nous dit de faire appel mais que faire ? nous ne pouvons plus engager de frais sans avoir la certitude de gagner ....face aux banques nous sommes bien petits !!!!
quels sont vos conseils svp ?
Merci

Publier un commentaire
Votre commentaire :
Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux et sur nos applications mobiles