Breves de Tribunaux: quand la justice fait bien rire

Publié le Par Le BLOG de Maître Muriel Bodin, avocate Vu 4 512 fois 1

Un tribunal, un avocat et un client: les ingrédients pour une pièce de théâtre de la vie avec de bonnes réparties entre de mauvaises plaisanteries. Humour toujours pour dire que la défense des droits donne le droit de sourire. Je partage avec vous ce qui a été retenu par ci et par là avec des confrères et amis.

Breves de Tribunaux: quand la justice fait bien rire

Ne vous empêchez pas de partager cet art-tique jus rit dice. 

Au passage, les avocats cités sont de bons confrères du Nord pour la plupart dont l'humour n'a d'égal que leur talent de pénaliste et leur gentillesse confraternelle.

« Il vit en caravane, il conduit donc sa maison. Le problème, c’est qu’il n’a plus son permis. »

Au tribunal, Me Julien Bensoussan expliquant le casier judiciaire de son client. (15/01)

« Un couteau de type Trois Suisses. »

Au tribunal, un avocat sans doute adepte de la vente par correspondance. (10/02)

« C’est le Novotel ! »

Au tribunal, la gendarmerie de La Bassée comparée au commissariat de Roubaix, jugé moins « confortable » par l’avocate Blandine Lejeune. (14/02)

« Le droit, c’est comme la menuiserie. C’est une suite d’erreurs que l’on corrige. »

Au tribunal, Me Gilles Maton, un avocat qui a le compas dans l’œil. (16/02)

« On peut vraiment dire que c’est grâce à l’association Ariane que je suis parvenu à redécoller. »

Au tribunal, un prévenu remis sur l’orbite de la vie. (29/02)

« Vous arrêtez de fumer ? Le tribunal vous félicite. Mais le mieux, ce serait quand même d’arrêter la délinquance ! »

De Nourith Reliquet, présidente du tribunal, à un récidiviste. (21/03)

L’alcool, ce faux ami

« Quand j’ai vu qu’il commençait à boire dès 11 h, j’ai aussitôt pensé que la soirée s’annonçait mal. »

Au tribunal, une victime de violences conjugales. (13/04)

« Vous avez des projets, Monsieur ? » « Ça veut dire quoi, ça ? »

Au tribunal, extrait d’un échange entre une magistrate et un prévenu interrogé sur son avenir. (27/04)

« Vous parlez quelle langue ?Le gitan. »

Échange entre une magistrate et un prévenu interrogé sur ses compétences. (05/05)

« C’est une erreur de jeunesse, mais c’est déjà la troisième ! »

Au tribunal, un délinquant récidiviste. (10/05)

« Soit c’est un acte juridique, soit ça n’en est pas un. Ce n’est pas du Canada Dry. »

De Me Gérald Laporte, en débat avec Nourith Reliquet, présidente du tribunal, concernant la nature d’un acte. (25/05)

« Il connaissait tout le monde, il avait pas mal d’entrejambes ! »

Au tribunal, la victime d’un escroc. (26/05)

« Je viens d’entendre le claquement signalant l’ouverture d’une canette. C’est incroyable ! Bientôt, on va aussi manger des pop-corns à mon audience ! »

Au tribunal, la présidente Reliquet indignée par le comportement du public. (14/06)

« Ne me mettez pas en prison, donnez-moi un sursis pour toute la vie ! »

Au tribunal de grande instance de Lille, un prévenu ayant peu apprécié le détour par la case « maison d’arrêt ». (26/06)

« Goethe disait : la terre ferme a aussi ses naufrages. »

Au tribunal, le procureur Fourtoy résumant l’alcoolisme d’un prévenu. (13/07)

« Vous noterez bien que l’amende est redevable à l’AJT ! Enfin, je veux dire à l’agent judiciaire du Trésor. »

Au tribunal, le président Lemaire, jamais avare d’un raccourci agité ! (17/07)

« Croyez-moi, la prison, c’est l’école de la délinquance. Et ça fait vingt ans que j’y vais ! »

Au tribunal de grande instance de Lille, un prévenu multirécidiviste. (18/07)

« On peut dire aujourd’hui qu’on parle plus de forces de l’ordre que de gardiens de la paix, ce n’est pas neutre… »

Au tribunal, Me Florent Fache, qui aurait pu être aussi un bon sémanticien. (19/07)

« Vous avez beau crier très fort, Madame le procureur, vous n’avez rien dans ce dossier ! »

Au tribunal, Me François Rabier, rappelant sa vision des faits. (21/07)

« Il me frappe, c’est vrai. Mais je suis agressive avec lui, je le gifle et bois presque autant que lui. »

Au tribunal, l’aveu atypique d’une victime de violences conjugales. (03/08)

Escroc, escroc et demi

« Moi, receleur ? Envoyez donc des cars de police dans les marchés aux puces, vous allez en trouver des milliers, des receleurs ! »

Au tribunal, un prévenu visiblement bien renseigné. (04/08)

« Nous avons un interprète en anglais pour un prévenu qui comprend le français… »

Du président Zanatta, étonné du déroulement de l’audience. (11/08)

« Il va bientôt falloir penser à faire de la procédure avant de sauver les gens… »

Du président Zanatta, face à un avocat voulant annuler un dossier car les policiers, en portant secours à son client, avaient tardé à lui dire ses droits. (16/08)

« Je ne vous demande pas ce que vous faites depuis vos 14 ans. Votre casier répond à votre place. »

De la présidente Nourith Reliquet à un multirécidiviste. (27/08)

« Ils s’expriment en armentiérois. Ça donne un langage extrêmement fleuri. »

D’un avocat qui a cru bon de jouer les traducteurs pour défendre deux jeunes d’Armentières accusés d’avoir agressé une personne âgée handicapée. (28/08)

« Je sais que je vais en prison. Alors, faites le plus vite possible, s’il vous plaît ! »

Au tribunal, d’un prévenu impatient. (30/08)

« Les petits sachets ? C’était pas pour la drogue, c’était pour ma collection de pin’s ! »

Au tribunal, un prévenu, revendeur de cannabis un peu fumeux. (10/09)

« Je ne vais plus aller dans les endroits où il n’y a personne. »

Promesse un peu confuse d’un exhibitionniste, à la barre du tribunal correctionnel. (12/09)

« À force de renvoyer ce dossier, la victime est devenue majeure ! »

Un avocat, au tribunal… (13/09)

« Bande de clochards ! Vous n’êtes que des cochons tout blancs qui puent ! »

D’un chauffard à la barre du tribunal, jugé pour outrages à des policiers. (18/09)

« Il m’a demandé de ne pas traduire. »

D’une interprète à propos d’un prévenu étranger visiblement méfiant. (21/09)

« Je n’ai jamais affirmé que j’étais expert-comptable, j’ai dit que j’étais expert en comptabilité ! »

Au tribunal, un escroc en froid avec l’administration fiscale. (27/09)

« Vous auriez pu mettre des T-shirts avec vos initiales. »

De la présidente Fabienne Atzori à des frères jumeaux à la barre du tribunal. (03/10)

« Si je suis sûr de sortir libre, je veux bien être jugé plus tard. »

D’un prévenu audacieux, à la barre du tribunal, mais ayant vite compris qu’il valait mieux ne pas insister. (21/10)

« Je suis en détention provisoire pour des faits de cambriolage de friterie… »

D’un jeune prévenu ayant une connaissance très personnelle des articles du Code pénal. (05/11)

« Ce cambriolage a été interrompu par le fait qu’il n’y avait rien à voler ! »

Au tribunal de Lille, le président Bernard Lemaire s’adressant à un petit voleur pas verni. (11/11)

« D’habitude, en temps de crise, les gens ont tendance à fuir les banques. Vous, on peut dire que ça vous attire… »

Au tribunal, la présidente Nourith Reliquet s’adressant à deux braqueurs. (18/11)

« Les coïncidences vous accablent… »

De la présidente Hélène Judes à un prévenu jurant être la victime d’un concours de circonstances, au tribunal de grande instance de Lille. (22/11)

« Je n’ai pas vu la vieille dame, je n’ai vu que son portefeuille. »

Un voleur (06/01)

« La lune de miel est terminée pour votre nouvelle compagne qui est hébergée dans un foyer de femmes battues. »

La présidente Nourith Reliquet. (11/01)

« Pour que je comprenne bien, il faut qu’on m’explique bien. Sinon, je récidive. »

Un condamné. (25/01)

« Un couteau des Trois Suisses ne peut être considéré comme une arme de sixième catégorie. »

Me Patrick Lambert. (09/02)

« Ah, apparemment, le chauffage est coupé, c’est peut-être qu’on doit arrêter de juger. »

La présidente Nourith Reliquet. (14/02)

« Contre l’alcoolémie, j’ai fait une cure avec le docteur Kirsch, euh, le docteur Hirch. »

Un chauffard. (15/02)

Petite coquetterie volée

« La juge d’application des peines m’a offert un bracelet, mais il est électronique. »

Un prévenu. (24/02)

« On peut très bien vivre sans un épilateur. »

Le procureur Créon s’adressant à deux petites voleuses. (01/03)

« J’ai repris le sport, je joue au 421. »

Un prévenu. (25/02)

La présidente : « À quoi vous droguez-vous, Monsieur ? »

Le prévenu : « Ben, à tout, pourquoi ? »

(06/03)

« Je l’ai beaucoup frappé mais je ne l’ai jamais vraiment touché. »

Un agresseur. (24/03)

Un prévenu : « Dieu jugera tout ça. »

La présidente : « Le tribunal verra ça d’abord. »

(03/04)

« J’ai appelé les pompiers et ce sont les policiers qui sont arrivés. »

Un prévenu très déçu. (11/04)

« J’ai commencé le matin par me brosser les dents en buvant de la vodka, je n’aurais pas dû. »

Un chauffard à la dentition douteuse. (12/04)

« C’est parce que nous sommes le vendredi 13 que vous demandez tous le report de votre procès ? »

Le président René Zanatta. (14/04)

« J’ai une adresse de SDF. »

Un prévenu parlant de sa boîte postale dans une association. (24/04)

« Vous ne devez plus envoyer le moindre SMS malveillant ! Même plein de fautes d’orthographe ! »

Le président Duez devant les ravages du crédit illimité. (26/04)

« À cette époque, je m’enfonçais dans la légalité. »

Un prévenu. (27/04)

« Je suis en deuxième année de toxicomanie »

Un prévenu. (08/05)

Homonymie, amour et deal

« Des Garcia, y’en a beaucoup, y’en avait même un dans Zorro. »

Une victime d’usurpation d’identité. (08/06)

« En prison, on ressort plus fou que quand on entre. »

Un prévenu condamné pour violences sur surveillant pénitentiaire. (21/06)

« Il n’y a eu aucune violence ce jour-là, je lui ai juste mis une gifle ! »

Un prévenu. (30/06)

« On est toujours jugé sur son passé, jamais sur son futur. Moi je veux juste tuer ma mère. »

Un prévenu à la présidente. (11/08)

« Depuis sa première cuite, il boit jusqu’au K.O. technique. »

Me Berthe, qui défend un prévenu jugé pour conduite en état alcoolique. (18/08)

« J’aime ma femme et je veux être un bon père de famille, donc je lui ai mis deux coups de poing et deux coups de pied au visage ».

Un prévenu condamné pour violences. (21/08)

« C’est pas sur le dos de l’alcool qu’il faut tout mettre. C’est sur moi. »

Un prévenu qui admet boire six bières par jour. (23/08)

« Je vois pas pourquoi je mentirais ! Franchement… »

Un prévenu très convaincant. (31/08)

« Je deale parce que je ne gagne que 800 euros par mois, et une fois qu’on a payé Internet et les clopes, il ne reste rien ! »

Un dealer chevronné. (01/09)

« Cette femme ? Je l’ai draguée près du canal. »

Un prévenu. (06/09)

« Je prenais des antibiotiques pour soigner mon alcool. »

Un prévenu. (11/09)

« Vous avez à votre disposition quatorze téléphones portables et vous préférez appeler dans des cabines téléphoniques ! »

Le procureur Fourtoy s’adressant à un présumé dealer. (13/09)

« Je l’ai frappée mais modérément. »

Un mari violent (05/10)

« J’avais bu un litre de vodka, mais tout doucement. »

Un chauffard (16/10)

« Mes papiers d’identité ? Je ne pensais pas qu’ils étaient faux puisque celui à qui je les avais achetés m’avait dit qu’ils étaient vrais. »

Un clandestin bosniaque. (31/10)

« Je sais bien que je l’ai eue gratuite mais, quand même, elle est tombée tout de suite en panne. »

Un voleur de voitures (01/11)

Un prévenu : « Je ne roule jamais dans une voiture sans assurance. »

Le président : « À défaut de permis… »

(09/11)

« Il était en pétard parce qu’elle avait arraché ses plants de cannabis. »

Me Olivier Maricourt. (15/11)

« J’assume tout mais, de toute façon, je suis totalement innocente. »

Une prévenue. (21/11)

« J’aurais déjà été condamné ? Jamais ! Je n’ai eu que des sursis ! »

Un prévenu. (22/11)

« Oui, on a volé cette Audi, mais on voulait partir en boîte, on n’avait pas de voiture et personne ne pouvait nous déposer… »

Un prévenu qui ne regrette pas vraiment. (27/12)

« Tant qu’à faire, il vaut mieux faire un arrêt cardiaque en plein service de cardiologie ! »

Un témoin. (29/12)

« Ce que je faisais de mes journées, à l’époque ? Ben, je cherchais des endroits où m’allonger ! »

Un prévenu amateur de farniente. (13/12)

« Je transportais des matières plastiques pour des bouteilles d’eau minérale. »

Un chauffeur de camion ivre. (21/12)

« La police est très efficace puisque la plupart des conducteurs interpellés sans permis affirment qu’ils ont été pris la seule fois où ils conduisaient sans permis ! »

Le président Adam. (25/12)

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Muriel BODIN

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Publié par Visiteur
19/08/15 17:13

Merci Maître pour ces brèves, comme quoi même dans des situations délicates, on peut faire de l'humour, volontairement ou non!
Courtoisement,
Yo

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